Lydie Dobouziez | Georges Eekhoud

Mme Dobouziez, la cousine Lydie, trônait en face de son mari. C'était une nabote nouée, jaune, ratatinée comme un pruneau, aux cheveux noirs et luisants, coiffée en bandeaux qui lui cachaient le front et rejoignaient d'épais et sombres sourcils ombrageant de gros yeux, noirs aussi, glauques, et à fleur de tête. Presque pas de visage ; des traits hommasses, les lèvres minces et décolorées, le nez camard et du poil sous la narine. Une voix gutturale et désagréable, rappelant le cri de la pintade. Cœur sec et rassis plutôt qu'absent ; des éclaira de bonté, mais jamais de délicatesse ; esprit terre à terre et borné.

Georges Eekhoud, La Nouvelle Carthage, p. 8 | Bibliothèque électronique du Québec

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